Programme d'Observation Ecosystémique des Pêcheries Australes

Le Programme d'Observation Ecosystémique des Pêcheries Australes a pour objectif d'étudier les ressources biologiques et leurs milieux en considérant les impacts et les interactions des pêcheries.

Le programme d'observation s'appuie sur l'acquisition quotidienne d’observations et de données obtenues par les contrôleurs de pêche, des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), embarqués sur 100 % de la flottille. Des campagnes scientifiques d'évaluation des stocks et de l'écosystème (POKERPIGE) sont régulièrement organisées pour permettre une meilleure connaissance et compréhension de l'écosystème. De nombreux protocoles d’acquisition de données et d’expérimentation sont développés et mis en œuvre par l’équipe en collaboration avec les TAAF et les armements de pêche.

L'ensemble des observations alimente une base de données halieutique (PecheKer) liée au réseau national d'observation des pêcheries françaises et à l'atlas. Les données des campagnes scientifiques enrichissent la base des expéditions et les spécimens de références collectées enrichissent les collections d'ichtyologie (GICIM) et d'invertébrés marins (INVMAR) du MNHN.

Des travaux de modélisation et d’études des impacts et des interactions de la pêcherie avec le milieu permettent à l’équipe de fournir des avis et une expertise scientifique auprès des administrations centrales sur les mesures à prendre pour bien gérer la pêcherie. Ces travaux se font avec le soutien de la Direction des Pêches Maritimes et de l’aquaculture (DPMA), du Ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture, et de l’administration des Terres Australes et Antarctique Françaises (TAAF).

Les membres de l’équipe participent annuellement aux travaux des Commissions Scientifiques et des groupes de travail de la CCAMLR et de l’APSOI.

ZONES D'ETUDE

Depuis 1979, le MNHN fournit un avis scientifique sur les pêcheries des zones antarctique et sub-antarctique pour les Territoires Australes et Antarctiques Français et la DPMA. L'ensemble des données est collecté par des contrôleurs des pêches des TAAF embarqués sur les bateaux travaillant dans les ZEE. Le MNHN récolte l'ensemble des données et les consolide dans un système d'information halieutique.

Zones d'étude du programme POEPA

Sur le secteur de Kerguelen les espèces ciblées par cette pêcherie sont principalement le poisson des glaces (C. gunnari), le colin austral (L. squamifrons), le colin de Kerguelen (N. rossii) et la légine australe (D. eleginoides). En raison d'un intérêt économique croissant de la légine et d'un changement de pratique de pêche passant du chalut à la palangre dans les années 90, la pêcherie des TAAF cible maintenant pratiquement exclusivement la légine.

Sur le secteur de Crozet la pêcherie industrielle a commencé en 1999 avec la pêche à la palangre de la légine. Cette pêcherie se poursuit régulièrement chaque année avec la même flotte de bateaux que ceux opérant à Kerguelen qui passent d'un secteur à l'autre.

Sur le secteur de Saint-Paul et Amsterdam La pêcherie porte essentiellement sur la langouste australe (J. paulensis). C'est une pêche au casier qui s'effectue à partir d'un bateau usine mettant à l'eau quotidiennement des petits bateaux. A cette activité de pêche principale est associée une activité de pêche annexe, mais régulière, à la palangre ou ligne à main ciblant d'autres espèces de poissons.

ZEE de Saint Paul et Amsterdam

Les îles subtropicales Saint-Paul et Amsterdam (2880 km de l'île de la Réunion), situées dans l'océan Indien sud (zone statistique OAA 51), sont à mi-distance entre l'Afrique australe et l'Australie méridionale et constituent les seuls points émergés de la dorsale médio-océanique. Ces anciens volcans ne possèdent pas de plateaux péri-insulaires importants aussi les ressources de la Zone Economique (création de la ZEE en 1978) sont limitées et essentiellement constituées de la langouste australe (Jasus paulensis) et de quelques poissons de fond.

Les méthodes de pêches utilisées traditionnellement sont le casier pour la pêche à la langouste (avec comme capture accessoire la pieuvre O. vulgaris), la ligne à main et la palangre verticale de fond pour le poisson (cabot, saint-paul, rouffe antarctique) le carrelet et pour le bleu. Pour la langouste, des annexes, de type doris, posent des casiers individuels en zone côtière (dans les champs d'algues brunes géantes Macrocystis pyrifera), alors qu’en zone plus profonde des vedettes, plus lourdes et de type caseyeur, posent des filières de casiers. Le navire, quant à lui, utilise parfois aussi des filières de casiers (uniquement au large de l'île Saint-Paul). La pêche au poisson est pratiquée par tous les bateaux (navire-mère, doris et caseyeurs) mais seulement au mouillage du navire-mère pour le carrelet.

Actuellement un seul navire de pêche est autorisé à être présent sur la zone de Saint Paul-Amsterdam et la présence d’un contrôleur de pêche embarqué est obligatoire. La pêcherie est soumise à quota pour la langouste (Jasus paulensis) et pour trois espèces de poissons de fond (le cabot Polyprion oxygeneios, le saint-paul Latris lineata et le rouffe antarctique Hyperoglyphe antarctica). Les autres espèces (pieuvre Octopus vulgaris, sériole Seriola lalandii, bleu Nemadactylus monodactylus, Moro Mora moro) sont seulement soumises à permis.